La Muse (Henri Marien)


La Muse apparaît
Et disparaît
On ne sait jamais
Si elle va réapparaître un jour
Ou bien abandonner son troubadour
Sans espoir de retour
Reviendra-t-elle un jour ?

Peut-être que ça l’amuse ?
Peut-être qu’on l’a blessée
Sans le savoir
Sans le vouloir ?
Ou bien sans doute a-t-elle
d’autres âmes à frôler de ses ailes ?
Ne croyez pas que j’en sois jaloux:
Pas du tout
Ce qui m’importe par-dessus tout:
Reviendra-t-elle un jour ?

Son absence est une torture
Ne pas savoir, quoi de plus dur?
On peut pleurer
On peut l’implorer
Prier crier
Pendant des jours ou des années
Le silence devient chaque jour plus épais
On en oublie sa voix mais ses yeux au grand jamais
Car ce sont eux qui les premiers
Allumèrent le Grand Feu adoré
Qui nous a foudroyé
Reviendra-t-elle un jour ?

Peu à peu on s’habitue à son absence
Même si le monde a maintenant un goût de cendre
Le silence n’a même plus sa présence en creux
On ne l’attend plus
On n’en rêve plus
On vit comme on peut
On écrit parfois quelques mots
Mais sans rimes ni déraison au fil de l’eau
La vie ne prend plus au moule de nos mains frigorifiées
Reviendra-t-elle un jour ?

Reviendra-t-elle un jour
Revêtue de ses plus beaux atours
Ou peut-être une nuit
Dans nos rêves éblouis
Pour que notre coeur poétique
Se remette à battre au son de sa voix
A l’éclat de ses yeux
Au parfum de son âme
Aux caresses presqu’imperceptibles
Mais si douces de ses doigts de fée
Reviendra-t-elle un jour ?

Pour que les sublimes harmonies
Les divins mots de Poésies
Ou bien les merveilleuses peintures
Ou encore les magnifiques sculptures
Ou tout art révélant l’éternelle Beauté
Soient de nouveau à notre portée…
Reviendra-t-elle un jour ?

Je crois bien qu’elle-même ne le sait pas…

(Henri Marien)

 

 

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